Créé déjà depuis 60 ans ! Le code du statut personnel doit être révisé

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Créé déjà depuis 60 ans ! Le code du statut personnel doit être révisé

 

Le Code du statut personnel est une fierté pour la femme tunisienne. Et c’est bien grâce à ce code que nous sommes épargnées de plusieurs actes de discrimination et d’injustice  restant à ce jour vivement respectés dans de nombreux pays du monde.  C’est bien l’une des raisons qui ont fait de Habib Bourguiba, l’idole de toute femme tunisienne consciente de l’importance de ce code promulgué en 1956 afin d’instaurer l’égalité entre l’homme et la femme. Le code interdit la polygamie, réglemente les procédures du divorce (avant le mari rompait les liens conjugaux en prononçant verbalement le divorce) et accorde à la femme la tutelle sur ses enfants. A cette  époque-là, une telle réforme faisait rupture totale avec le conservatisme et les traditions archaïques qui étouffaient la femme et l’écartaient de la société civile.

Beaucoup de pays dans le monde refoulent catégoriquement la cause féminine. La femme souffre d’une outrageuse injustice à son égard : les mariages précoces, les mutilations génitales, la violence, la lapidation, l’exploitation sexuelle, l’analphabétisme etc.

Heureusement que nous sommes tunisiennes. Nous sommes libres et autonomes. Nous sommes responsables de nos actes. Nous pouvons étudier, voyager, travailler, gérer une famille, gérer une société sans être obligées de dépendre  de la « tutelle masculine ».

Il faut améliorer la CSP davantage

Mais, faut-il qu’on reste là ? Je pense qu’entre les années 1956 et 2016 il y a une très grande différence. Les circonstances et le contexte social ne sont plus les mêmes. Il est donc judicieux de revoir la législation considérée avant-gardiste il y a plus de 60 ans. Nous pouvons améliorer les textes du code pour donner plus de droits et plus d’acquis à la femme tunisienne. Nous ne devons pas rester là. Il faut qu’on évolue, qu’on pense à nos enfants et aux futures générations.  Nous devons suivre le parcours qu’a tracé ingénieusement  le  leader Habib Bourguiba pour nous. Le code du statut personnel n’est pas un texte sacré. Il est possible de l’actualiser et de le modifier pour qu’il représente plus la femme tunisienne émancipée.

Parmi les questions à revoir dans le code du statut personnel est celui de la question du « Nouchouz ». (Une femme est dite Néchez, lorsqu’elle se refuse à son conjoint ou  lorsqu’en cas de conflit, elle  quitte son domicile  pour une période assez longue. Plusieurs arrêts du CSP sont inspirés de nombreuses interprétations conservatrices conçues pour servir l’homme et pour être en sa faveur. La question de l’héritage est aussi l’une des grandes problématiques qu’on évite d’évoquer. Rappelons que la constitution du 26 Janvier 2014, stipule la parité et rejette toute forme de discrimination à l’égard de la femme tunisienne.

La réticence à réitérer certains articles du code du  statut personnel reste intimement associée au facteur culturel. Le conservatisme demeure dominant ce qui fait que certains sujets restent tabous pour ne pas offenser les convictions d’une majorité  fortement attachée à un héritage culturel anachronique. Mais cela ne justifie pas l’abandon de la problématique si nous désirons vraiment faire avancer notre Tunisie. Notre pays n’est pas riche en ressources naturelles. Mais, nous avons une matière grise que nous devons exploiter…

 

 

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