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Depuis 1986, l’économie tunisienne fait face à des défis de mise à niveau complète de son économie par une modernisation profonde du marché financier tunisien. En effet, ce défi s'est révélé être une nécessité pour répondre aux besoins de développement économique du pays, ainsi qu'à l'ouverture de la Tunisie sur l'extérieur impliquant par conséquent une structure du marché financier conforme aux normes internationales. Ce processus de réformes économiques et de libéralisation a été consolidé, à partir du 1er janvier 2008, par l’ouverture à la concurrence mondiale par l’entrée en vigueur des accords de libre-échanges conclu avec l’Union européenne en 1995. Rappelons que ces accords ont porté seulement sur une liste de biens et services industriels épargnant ainsi d’autres secteurs stratégiques encore fragiles. Conséquemment, le développement de la finance en Tunisie s’est surtout concentrée ces dernières années sur trois entités, à savoir les banques en Tunisie, la bourse en Tunisie et la monnaie en Tunisie. Les banques sont sujettes à la privatisation et le désengagement de plus en plus visible de l’Etat, la bourse, quant à elle, connaît un essor qui est soutenu par l’Etat dans une optique d’encouragement des sociétés d’intégrer le marché boursier afin d’alléger le poids de financement que connaissaient les banques et en ce qui concerne le marché monétaire tunisien, il va vers une optique de convertibilité totale du dinar tunisien. Le financement de l’investissement tunisien est essentiellement fondé sur le système bancaire, à l’image de la plupart des pays émergents. Cette économie d’endettement s’est montrée efficace pour assurer à la Tunisie un taux d’investissement dans la lignée des pays de sa catégorie. Il n’en demeure pas moins que le système bancaire mérite désormais d’être consolidé, dans une première phase sur le plan de la gestion prudentielle des risques. En parallèle, un développement prudent de la finance de marchés serait du reste probablement profitable. En ce qui concerne le système boursier tunisien, il a été modernisé à travers une réglementation mise à jour. Il est vrai que le marché des capitaux tunisien est de taille modeste. Les investisseurs étrangers ne détiennent que 21% des actifs cotés et une certaine réticence est observée de la part des industriels à intégrer la bourse. Une réalité imposée par une culture boursière peu développée notamment auprès du grand public. Toutefois, et depuis quelques années, la vulgarisation des mécanismes de placement boursiers n’a cessé d’agrandir la sphère de la finance directe en Tunisie et asseoir ainsi les bases d’une économie de marché où tous les acteurs de l’économie jouent pleinement leur rôle de financement. Quant au marché monétaire tunisien, il reste sous l’emprise de la Banque Centrale de Tunisie – BCT – qui dispose d’actions et d’instruments permettant de contrôler et de réguler la liquidité disponible afin qu’elle soit en harmonie avec l’évolution de l’activité économique et qu’elle soit compatible avec la réalisation des objectifs macro économiques de croissance et d’amélioration du niveau de vie du citoyen tunisien. En outre, La BCT administre le taux de change tout en veillant à préserver le pouvoir d’achat – PA – et l’équilibre budgétaire. Le marché monétaire tunisien connaît une dépréciation qui est imposée par la conjoncture internationale défavorable. Ceci soulève plein de points d’interrogations quant au processus de convertibilité totale du Dinar Tunisien qui devrait être réétudié afin de consolider les acquis économiques de la Tunisie.
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