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L’histoire des banques en Tunisie a commencé en 1880 avec la création de la Société Centrale de Banque, un établissement français qui s’est installé en Tunisie sous la dénomination de « Crédit Foncier d’Algérie et de Tunisie » (CFAT) dont le siège social était à Alger et une succursale était présente à Tunis. Depuis d’autres banques ont introduit le marché financier tunisien qui était encore sous la colonisation française. ça n’est qu’en 1958 et plus précisément le 19 septembre 1958 que le système bancaire tunisien a commencé à prendre forme par la promulgation de la loi n°58-90 qui porte sur la création et l’organisation de la Banque Centrale de Tunis - BCT. Cette dernière est entrée en activité le 3 novembre 1958. Jusqu’en 1986, le système bancaire tunisien a évolué dans un cadre réglementaire caractérisé par un strict encadrement du crédit, une administration des taux d’intérêt et un contrôle des changes par la Banque Centrale de Tunisie - BCT. La libéralisation du système bancaire a été initiée dans le cadre du Plan d’Ajustement Structurel conçu par le Fonds monétaire International et mis en œuvre à partir de 1987. A cette période là, les banques en Tunisie se sont assouplies avec les ménages tunisiens en se lançant dans le financement des crédits aux particuliers sous des conditions très allégées. Ce n’était plus le système qui accordait uniquement les crédits aux fonctionnaires de l’Etat ou aux particuliers pouvant justifier de garanties réelles. Le pouvoir d’achat des tunisiens a été la cible première de cette politique très généreuse envers le financement des ménages et ce, après avoir financé l’économie sur les deux décennies 1970 et 1980. A la fin des années 90, le secteur bancaire tunisien a connu un changement de sa structure à la suite des mouvements de déréglementation et de libéralisation financière. L’évolution de la structure du marché bancaire tunisien visée deux principaux objectifs : d’une part, corriger les insuffisances d’efficacités dues aux surendettements des années 80 et d’autres parts, les positions de monopole ne servait pas les intérêts de la Tunisie, un pays en voie de développement. Il faudra attendre jusqu’en 2001, où la promulgation de la loi 2001-65 du 10 juillet 2001 relative aux établissements de crédit a représenté un moment fort de la restructuration du secteur. Cette législation a permis de mettre en place un environnement plus libéral pour l’exercice des métiers bancaires. Aujourd’hui, on distingue six catégories d’institutions bancaires et para-bancaires présentes sur le marché financier tunisien, à savoir les banques commerciales, les banques de développement, les banques d’affaires, les banques off-shore, les sociétés de factoring et les bureaux de représentation de banques étrangères. Par ailleurs, un processus de privatisation des banques en Tunisie a été ainsi engagé. Ce processus a permit de créer, entre autres, le statut de banque « Universelle » et a mis fin aux restrictions de champ d’activité auxquelles étaient précédemment soumises les différentes catégories de banques. Dans le cadre de ce mouvement de privatisation des banques en Tunisie, l’Etat tunisien a procédé ces dernières années à la cession de parts importantes du capital de certaines banques au profit de banques étrangères et principalement françaises. Les principales opérations ont concerné l’UIB (Union Tunisienne de Banque) avec la cession de 52,34% de son capital au profit du groupe français Société générale, l’UBCI (l’Union Bancaire pour le Commerce et l’Industrie) a cédé 50% des parts au profit du groupe français BNP Paribas. Et l’autre moitié du capital (50%) est détenue par des actionnaires privés tunisiens. Quant à l’ex-Banque du Sud, elle a cédé 33,54% de son capital au profit du consortium Andalumaghreb constitué par l’Espagnol Banco Santander Central Hispano S.A. et le Marocain Attijari Wafa Bank. La Banque du Sud est désormais appelée Attijari Bank. D’autres banques étrangères détiennent des parts dans plusieurs banques tunisiennes et la dernière opération est la cessation - en janvier 2008 - à raison de 60% du capital de la Banque Tuniso-Koweïtienne – BTK – au groupe français Caisse d’Epargne. Ces opérations prouvent encore une fois le désengagement, progressif de l’Etat tunisien vis-à-vis du secteur bancaire, tout en visant à servir au mieux les intérêts de l’économie tunisienne. Aujourd’hui, les tunisiens comme les étrangers – entreprises et particuliers – bénéficient en Tunisie d’un système bancaire apte à répondre à tout leurs besoins en matière de financement et de mouvements de fonds.
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